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Pourquoi 2005 sera t'il un grand millésime ? L'avis de Michel Rolland Comme toujours la réponse est simple et compliquée à la fois. Simple parce que c'est une constatation, une leçon d'humilité qui nous fait prendre conscience que la nature est bien la plus forte et que, finalement, c'est elle qui décide du sort des millésimes. L'homme peut simplement, dans des années peu généreuses, compenser par son travail, ses connaissances, les écarts d'une climatologie capricieuse mais jamais recréer complètement les ingrédients qui nous permettent d'obtenir les trés grands millésimes. Le savoir-faire d'aujourd'hui nous a êrmis, depuis 15 ans, de faire de trés bons vins, voire des grands vins dans des années qui auraient été méiocres il y a 30 ans. Compliquée, parce que nous n'expliquons pas toujours les phénomènes qui conduisent à cette alchimie permettant d'obtenir cette fameuse maturité qui donnera au vin l'équilibre, l'harmonie, la générosité, le plaisir, la longévité, la complexité qui définissent les vins d'exception. Un cycle végétatif idéal Le cycle végétatif de 2005 s'est déroulé dans des conditions presque idéales. Le débourrement (éclatement des bougeons) était un peu en retard mais de trés bonnes conditions climatiques au printemps, avec une pluviométrie faible et des températures idéales, ont pemis de rattraper ce retard et donné une floraison à date normale dans le bordelais, début juin en moyenne, et ce dans tous les cépages. Cette phase essentielle du cycle s'est faite trés vite et de façon trés homogène (temps court) dans une semaine environ. Le mois de juin chaud et ensoleillé permit un grossissement normal des graines jusqu'à la nouaison puis la fermeture de la grappe. En situation de sécheresse début juillet, quelques orages ont appotés l'eau nécessaire au développement et à la croissance normale de la vigne. On pourrait dire que, pour être vraiment parfait, un peu d'eau au début du mois d'août aurait fait le plus grand bien. Cependant en se promenant dans le vignoble, nous n'avons jamais constaté de stress hydrique, sauf dans quelques zones trés particilières jamais trés étendues. Le vignoble dans l'ensemble était beau à regarder, contairement à l'été 2003 pendant lequel il avait plus souffert de la sécheresse. C'est cette combinaison entre stress et pluie, cette énorme luminosité dont nous avons bénéficié tout l'été, les températures toujours bonnes mais jamais excessives, qui permettent à la vigne, et en conséquence au raisin, de mûrir trés harmonieusement. Fin août quelques pluies sont venues appoter l'humidité nécessaire. En septembre, ce mois que nous redoutons tous car il peut arriver qu'en quelques jours nous perdions le potentiel énorme d'une année (1993 apr exemple), malgré quelques passages pluvieux faibles (une des plus faible pluviométrie selon les statistiques), tous les cépages ont pu être ramassés dans des conditions parfaites avec un état sanitaire parfait. Premier millésime exceptionnel du 21ème siècle ! Si 2005 est l'achétipe du grand millésime, toutes région confondues dans le bordealis produisant des blancs, des rouges et des liquoreux, ce sera le premier millésime de ce niveau de qualité, bénéficiant d'autant de soin. Depuis le maitrise des rendements en passant par les effeuillages, les techniques de ramassages respectant le raisin, plus de vis sans fin, plus de pompe dévastatrice, un tri de raisin qui n'aura jamais était aussi performent, jusqu'à l'éraflage manuel pour certain, des extractions douces pour éviter toutes aspérités ou dureté du tannins, jamais autant n'a été fait. Mais la nature nous a gaté en donnant des pélicules épaisses chargées d'anthocyanes et de tannins, des raisins gorgés de sucre et de fruit, avec une acidité de trés bon niveau, ce qui est loin d'arriver tous les ans. Tous ces facteurs ayant pour conséquences, dans les conditions idéales des cuviers modernes, de voir le vin se construire tout seul avec l'intervention minimale de l'homme ( c'en est prsque frustrant). Nous aimerions le revoir plus souvent, mais malheureusemnt ou heureusement, ces combinaisons gagnantes ressemblent étrangement à celles des jeux de hasard et ne sortent pas souvent. 2005 s'inscrira dans l'histoire du bordealais comme 1982 ou 1961, pour ne parler que des plus récents. Ce qui sera remarquable dans ce millésime, premier millésime exceptionnel du XXIème siècle, c'est le nombre de vins aptes au vieillissement, il n'y en aura jamais eu autant dans l'histoire du Bordelais. En conclusion, ce n'est ni le millésime du vignerons, ni celui du vinificateur, la nature comme elle sait le faire nous a fait profiter de ses largesses.