LES MILLESIMES
Le vin de Pomerol n'est pas un produit de série, fabriqué selon des normes standardisées. C'est plutôt une véritable œuvre d'art, résultant de la conjonction du climat aquitain, du terroir de Pomerol, du travail et du savoir-faire des viticulteurs.
Les crus de Pomerol sont très nombreux, souvent de très petite superficie. Ils ont tous en commun de la finesse, du bouquet et de la générosité, mais chacun a sa personnalité.
Chaque viticulteur apporte en effet sa contribution dans la constitution de son vignoble (répartition des cépages) et l'élaboration de son vin (cuvaisons plus ou moins longues, collages plus ou moins forts.)
Les vins de Pomerol sont en général à point entre cinq et quinze ans, selon les crus, les millésimes et aussi les caves de conservation.
Pour déguster un vieux Pomerol dans de bonnes conditions, il faut observer quelques règles simples, mais essentielles :
- Manipuler la bouteille avec douceur ;
- La placer debout, pendant vingt-quatre heures au moins ;
- S’il y a du dépôt, ce qui est normal pour un vin vieux, il faut la décanter, c'est-à-dire la transvaser dans une carafe qui fera valoir sa belle couleur rubis. En versant doucement et en arrêtant l’opération au moment voulu, on élimine le dépôt qui reste dans la bouteille.
Cette opération permet, en outre, au bouquet de se développer dans toute sa plénitude. Le Pomerol convient parfaitement pour accompagner les viandes, le gibier et les fromages, pas trop « faits » si possible.
Il développe alors toutes ses brillantes qualités, la puissance et la générosité des Merlots se fondant avec délicatesse aux Cabernets, pour donner un vin velouté au subtil parfum de truffe.
LES MILLESIMES
La notoriété des millésimes de Pomerol coïncide souvent avec des conditions climatiques particulièrement favorables au cépage Merlot et à des rendements naturellement abondants.
Ainsi, on obtient à la fois une bonne homogénéité de la maturité et des raisins bien constitués.
2003 : Le chaleureux : c'est l'année des records de chaleur. Les vins avec un peu plus d'alcool que d'habitude, seront certainement atypiques, avec beaucoup de puissance et expression aromatique chaude (épices, cuir) mais c’est l’histoire du vin dans sa diversité !
2002 : Le miraculé : avec des conditions climatiques difficiles, les vins ont tout de même de l’allure et une charpente tannique suffisante qui vont leur permettre de bien vieillir.
2001 : Le charmeur : vins secrets au départ. Ils développent, dès maintenant, une belle complexité aromatique, sur un ensemble très harmonieux.
2000 : L’historique : chiffre magique. Les vins sont d’une qualité remarquable. Bien construits avec des tanins denses et bien mûrs, ils sont des vins de garde.
1999 : La tendresse : les vins sont nés minces mais constitués de tanins « serrés ». Ils deviennent fondus, souples. Ils vont être rapidement faciles à boire.
1998 : La réussite : c’est l’expression fine, complexe des vins de Merlot. Ces vins souvent « crémeux », ont une intensité aromatique exceptionnelle.
1997: L’aimable : avec des circonstances climatiques moins favorables, les vins sont plus légers, plus « aériens ». Ils évoluent rapidement. Les vins sont plaisants.
1996 : Le classique : bien structuré, de texture serrée, évolue lentement. Il a un fort potentiel.
Quelques grands millésimes depuis 1947 méritent d’être signalés pour les amateurs qui ont la chance d’avoir de vieilles bouteilles dans leur cave.
Deux très grandes réussites : les 47 et 61.
De très belles réussites : 59,64, 82.
Les classiques : 70, 75, 85.
Les originaux de Pomerol, trop ignorés : 67, 71.
Les deux grandes séries : 47, 48, 49, 50 et 88, 99, 90.
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LES COMMENTAIRES
A Paris, l'Arpège, d'Alain Passard
Philippe Denoual décline 17 pomerol dans des millésimes
différents, 85, 87, 90, 93, 95, notamment. Les 85 et les 88 s'expriment très bien
sur les dragées de pigeonneau. Les 83, 89, 93 sont de bons compagnons pour le homard
rôti au vin jaune.
A Lille, à l'Huîtrière
Il est à croire - dit Jean Proye, le propriétaire
- que les gens du nord se souviennent que les débuts de pomerol à la fin du XIXe
eurent lieu chez eux. Ils demeurent fidèles et restent très sensibles à ses chamus
autant qu'à ses fraicheurs de jeunesse. Servi souvent tout le repas , avec des poissons
en sauce, en croûte, au curry ou avec des coulis de champignons. (20 propriétés
sur la carte).
A Illhaueusern, chez les Haeberlin
Serge Dubs est enthousiaste "du
cœur et de la qualité" du pomerol. "Ceux qui y ont gouté - ajoute-t-il - restent
demandeurs. ". Caractère envoûtant, charmeur parfait pour truffes sous la cendre
et noisettes de chevreuil; surprenante discrétion aristocratique avec le filet de
sole au jus de viande. Certains prix, certes ...
A Roanne chez les Troigros
"Une très grande complicité avec le pomerol depuis deux générations
" rappelle Christian Vermorel. Sa rondeur, sa force, son "féminin-viril" , s'entendent
à merveille avec un agneau Escoffier, la "plume" de chasse, les champignons et les
truffes, la sauce périgourdine de la carte. (40 millésimes affichés).
A Nice au Negresco - Chantecler
Une fraîcheur, des tanins plus accessibles, du fruit, de la
charpente, une vraie tendresse, son moins carré : ainsi Marc Millerot voit-il le
pomerol. Il le propose en général au client indécis pour tout un repas, la côte de veau en son jus et le pigeon rôti.
Bizarrement, il a constaté que les étrangers sont d'abord séduits par la phonétique du nom pomerol ! (12 propriétés sur la carte).
A Lyon chez Paul Bocuse
John Evrard devient lyrique avec le pomerol "Un domaine pour un grand vin... le dessus du panier bordelais" même si quelques tarifs
freinent ses achats. Demande régulière de la clientèle pour accompagner les volailles de Bresse et le pigeon.
Le étrangers tout aussi amateurs que les Français. (50 millésimes sur la carte).
A Vonnas chez Georges Blanc
"J'adore, j'aime beaucoup. L'élégance, la complexité et l'enveloppé du merlot dans le pomerol me ravissent.
En parfait accord avec la cuisine classique de Georges Blanc, des volailles de Bresse aux fromages. Les Suisses, nos voisins sont accros et font
même du prosélytisme" précise Olivier Masmondet. (50 millésimes sur la carte).
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